Archives par mot-clé : Livres adultes

Booklecteurs

Petit Pays – Gaël Faye (Prix Goncourt des Lycéens 2016)

Début des années 90 : Gaby nous raconte son enfance sucrée et insouciante, rythmée par les virées avec les copains au Burundi.

Mais lorsque ce petit pays d’Afrique est emporté par l’histoire dans ce qu’elle a de plus cruel, le drame rwandais et le génocide des Tutsis, c’est toute l’existence du jeune garçon qui va être bouleversée.

En plus d’ être le témoin de l’horreur de la guerre civile, Gaby découvre qu’on n’est pas seulement un enfant mais qu’il faut choisir… Hutu ou Tutsi … Rwandais, français … Blanc, noir ou métis … C’est la fin du petit paradis et le début d’une identité qu’on lui impose.

L’avis de Maryvonne : La guerre entre les Hutus et les Tutsis mise en parallèle avec un récit d’ enfance … Une écriture sensible, authentique mais pas larmoyante ! Vraiment bien !

COUP DE COEUR BOOKLECTEURS

 Peine perdue / Olivier ADAM

 

Les touristes ont déserté les lieux, la ville est calme, les plages à l’abandon. Pourtant, en quelques jours, deux événements vont secouer cette station balnéaire de la Côte d’Azur: la sauvage agression d’Antoine, jeune homme instable et gloire locale du football amateur, qu’on a laissé pour mort devant l’hôpital, et une tempête inattendue qui ravage le littoral, provoquant une étrange série de noyades et de disparitions. Familles des victimes, personnel hospitalier, retraités en villégiature, barmaids, saisonniers, petits mafieux, ils sont vingt-deux personnages à se succéder dans une ronde étourdissante. Vingt-deux hommes et femmes aux prises avec leur propre histoire, emportés par les drames qui agitent la côte.

Avec Peine perdue, Olivier Adam signe un livre d’une densité romanesque inédite, aux allures de roman noir, et dresse le portrait d’une communauté désemparée, reflet d’un pays en crise.

Deep Winter / Samuel W. GAILEY

 COUP DE COEUR BOOKLECTEURS !!!!!

 

Danny ne sait pas quoi faire du cadavre qu’il vient de découvrir le soir même de son anniversaire. Ce corps, c’est celui de Mindy, sa seule amie dans la petite ville de Wyalusing, en Pennsylvanie. Depuis la tragédie survenue dans son enfance qui l’a laissé orphelin et simple d’esprit, tous les habitants de Wyalusing méprisent Danny, le craignent et l’évitent. Immédiatement, l’adjoint du shérif, un homme violent et corrompu, le désigne comme l’assassin, et tout le monde se plaît à le croire. Mais Danny n’est pas prêt à se soumettre. En quelques heures, l’équilibre précaire qui régnait jusqu’ici chavire.

En capturant vingt-quatre heures d’une des plus noires journées de l’Amérique des laissés-pour-compte, ce premier roman doté d’une puissance d’évocation à couper le souffle expose la violence qui gît sous l’eau qui dort.

L’amour et les forêts / Eric REINHARDT

 COUP DE COEUR BOOKLECTEURS !!!!!

Habitué  à mettre en scène des femmes, celle de son dernier roman a la particularité d’être bien réelle et de se rapprocher d’Emma Bovary.

Dès le premier chapitre Eric Reinhardt nous raconte  qu’ il a rencontré Bénédicte Ombredanne en 2008. Fervente admiratrice des romans de l’auteur, cette femme de 36 ans lui a écrit une longue et admirable lettre dans laquelle elle lui avoue avoir retrouvé goût à la vie depuis la lecture de son dernier roman, Cendrillon. Emu par ses propos et par sa plume, Eric Reinhardt sent bien que derrière ses lignes se cache une profonde détresse. Après des échanges de mails, s’ensuivent deux rencontres puis une longue période de silence qui laissera  Eric Reinhardt amer.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs mois que le romancier décidera  de pousser l’investigation pour découvrir la vraie  histoire de Bénédicte et nous l’offrir.

Difficile d’aller au-delà dans le récit tant cette lecture est personnelle. On peut juste remercier l’auteur de nous avoir mis dans la confidence et d’avoir rendu hommage à cette femme héroïque.

 

Trente six chandelles / Marie-Sabine ROGER

COUP DE COEUR BOOKLECTEURS !!!!!

Mortimer s’est préparé à mourir le jour de ses 36 ans, comme cela a été le cas pour tous ses ascendants mâles. Il a quitté son travail, rendu son appartement et vendu sa voiture mais la malédiction ne s’abat pas sur lui. Que reste-t-il à faire, lorsque la mort attendue ne vient pas? Il faut apprendre à vivre vraiment!

Après ses précédents succès, notamment « La tête en friche » et « Bon rétablissement », tous deux adaptés au cinéma par Jean Becker, Marie-Sabine Roger revient avec un roman plein d’humanité, aux personnages émouvants, croqués avec humour et justesse. Une belle réflexion sur le sens de la vie!

« L’emprunte de toute chose », d’Elizabeth Gilbert

Alma Whittaker naît avec le XIXe siècle, à Philadelphie, d’un père anglais dont le talent de botaniste et la roublardise lui ont permis de faire fortune dans le commerce, et d’une mère hollandaise dotée d’une formidable érudition. À leurs côtés et au contact d’éminents chercheurs qui gravitent autour d’elle, Alma acquiert une intelligence éclectique et la passion de la botanique.

Nous vivons, le temps d’un roman, dans l’intimité de ce personnage.

Alma, dotée d’une soif d’apprendre sans pareille, explore ce monde, la nature, la société dans laquelle elle vit. Nous sommes entrainé de la découverte des bas-fonds anglais à la bonne société d’Amsterdam en passant par Philadelphie, Tahiti, Macao ou les cimes des Andes, dans un monde où les terra incognita s’amenuisent de jour en jour. C’est une plongée dans un univers scientifique enrichissant.

Elizabeth Gilbert écrit là un beau roman d’aventure à la façon des grands romans victoriens.

« Heureux les heureux » de Yasmina Reza

Yasmina Reza a une jolie plume, elle sait manier le verbe et les mots avec dextérité. Elle excelle dans l’observation du quotidien et n’a pas son pareil pour disséquer ces petits moments de tous les jours, en faire surgir les non-dits.

Chaque chapitre est une sorte de saynète croquant les travers de nos contemporains, où l’ironie domine mais il y pointe une forme de tristesse, une ambiance pesante. Que ce soit un après-midi de courses dans un hyper-marché, les conversations dans une salle d’attente pour une radiothérapie, un tournoi de bridge…tout lui est bon pour disséquer ses personnages, leurs travers, leurs angoisses, leur humanité mais surtout, mettre en évidence leur extrême solitude.
Le style d’écriture est un peu déroutant mais on s’y fait rapidement : le récit et les dialogues ne font qu’un. L’auteur ne revient pas à la ligne et supprime les guillemets. Cela donne un certain effet, comme si le fil des pensées du personnage était interrompu par ses propres réponses. Cela montre le décalage entre ce qu’il pense vraiment et ce qu’il répond.

On aime beaucoup : « Le plus petit baiser jamais recencé » de Mathias Malzieu

       Avec le dernier roman de Mathias Malzieu « Le plus petit baiser jamais recensé » on gagne en gourmandise. Léger, savoureux et rythmé ce roman est très court, ce qui lui confère une véritable identité de conte voire de nouvelle. Une plume tellement fantaisiste, subtile et inventive qu’elle offre au lecteur un panel complet d’émotions largement dominées par l’humour!

       Dans ce roman, il nous raconte l’histoire d’un inventeur-dépréssif qui met tout en œuvre pour retrouver une fille devenue invisible après qu’il lui ait donné un petit baiser. Il est obsédé par ce souvenir et demande de l’aide à un détective avec qui il va tout tenter pour se rapprocher peu à peu de cet amour qu’il recherche…

Laissez-vous emporter / tenter par la poésie de cette histoire…

Re-découvrir : Du domaine des Murmures de Carole Martinez

     A ceux que fascinent le merveilleux médiéval, les histoires de fantômes et de Saintes, les légendes amoureuses et les folies d’insensés chevaliers, ce roman sera enchantement. Carole Martinez donne ici libre cours à la puissance poétique de son imagination et nous fait vivre une expérience à la fois mystique et charnelle, à la lisière du songe. Elle nous emporte dans son univers si singulier, rêveur et cruel, plein d’une sensualité prenante.

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son vœu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte.

ECOLOGIE

Dans les Appalaches, au coeur de la forêt, Dellarobia Turnbow aperçoit une lumière aveuglante. La vallée semble en feu. Mais ces reflets rougeoyants n’ont rien à voir avec des flammes. Ce sont les ailes de centaines de papillons qui recouvrent le feuillage des arbres.
Cette étrange apparition devient un enjeu collectif : la communauté religieuse de la ville croit reconnaître un signe de Dieu et certains scientifiques invoquent une anomalie climatique. Toute l’Amérique se met à observer ce coin isolé, ancré dans les traditions rurales.

Ce contact réveille beaucoup de choses en Dellarobia, et renforce le sentiment que sa vie est particulièrement étriquée. Le fil qui conduit tout le roman est justement là : aura-t-elle le courage d’aspirer à ce qui la rendrait plus heureuse ?

Fable écologique, critique de l’éducation aux Etats-Unis, réflexion sur la médiatisation, sur les problèmes liés à la crise économique, mais aussi roman psychologique sur les choix de vie, sur les poids des secrets familiaux… Dans la lumière est tout cela à la fois. Le côté bavard cependant ralenti quelque peu la lecture et crée un manque de rythme.

Barbara Kingsolver sait de quoi elle parle. Diplômée en écologie et biologie, elle vit dans sa ferme des Appalaches. C’est certainement ce qui confère à ce roman son authenticité et sa crédibilité.