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Moi, Tituba sorcière…

Sorcière ? Guérisseuse ?

Femme courageuse, dont la connaissance des plantes et des coutumes anciennes vont l’amener à se confronter au puritanisme et l’intolérance religieuse du XVIIe siècle.
Maryse Condé imagine le destin de Tituba, une jeune esclave oubliée de l’Histoire, qui par les aléas de traites négrières, se retrouve vendue avec son mari à un pasteur. Arrivée à Salem, la jeune femme se retrouvera plongée dans la tourmente de l’hystérie collective religieuse de cette petite communauté.

Un fait historique, un personnage bien réel, un beau témoignage des souffrances vécues par les femmes, et par les esclaves.

Tituba vous envoûtera.

Mandana

 » Qu’est-ce qu’une sorcière ?

Je m’apercevais que dans sa bouche, le mot était entaché d’opprobre. Comment cela ? Comment ?

La faculté de communiquer avec les invisibles, de garder un lien constant avec les disparus, de soigner, de guérir n’est-elle pas une grâce supérieure de nature à inspirer respect, admiration et gratitude ? En conséquence, la sorcière, si on veut nommer ainsi celle qui possède cette grâce, ne devrait-elle pas être choyée et révérée au lieu d’être crainte ? »

Vers la liberté

Underground railroad, Colson Whitehead

Coup de cœur pour le sujet.

Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord via un chemin de fer clandestin.

En effet, au cours du XIXè siècle, environ 100 000 esclaves se seraient échappés grâce au « Railroad ». Ce réseau de routes clandestines permettant de s’échapper n’était pas un chemin de fer, mais il portait ce nom du fait de l’utilisation de la terminologie ferroviaire dans le code. Il était composé de points de rencontre, de routes secrètes, de moyens de transport, de lieux d’accueil protégés, et d’assistance apportée par les sympathisants abolitionnistes. Les esclaves en fuite allaient d’une « gare »  à l’autre. Les chasseurs de prime professionnels connus sous le nom de chasseurs d’esclaves poursuivaient les fugitifs à travers les différents états américains. L’existence d’un réseau informel visant à aider les esclaves en fuite produisait un impact psychologique immense sur les propriétaires d’esclaves.

L’auteur dans son roman donne corps à ce chemin de fer ; il devient ici une véritable voie ferrée souterraine, avec ses gares souterraines. Le récit très visuel, construit avec habileté, alterne entre les différents personnages, et régions plus ou moins dangereuses que Cora traverse, et nous permet de nous rendre compte des fondements et de la mécanique du racisme, violent et impitoyable.

Récompensé par le prix Pulitzer de littérature 2017.

Mandana