Archives de catégorie : Coups2Coeur

Club lecture ados

Logo du club représentant une flèche perçant un livre

Ouverte à tous, la guilde des lecteurs (nom choisi par les ados) propose d’échanger dans une ambiance conviviale autour d’un thème sur différents supports : Roman, album, BD, revue…

La sélection est disponible à l’accueil. Nous nous retrouvons un vendredi par mois de 17h à 18h.

Cette année, le club de lecture est enrichi par la création de podcasts audio où les ados peuvent présenter leurs goûts culturels ou partager leurs coups de cœur.

Vous pouvez retrouver ces pastilles sonores sur le Soundcloud de la médiathèque.

Rebrousser chemin

Remonter le temps, voguer entre passé et présent pour mieux comprendre.

Là où les chiens aboient par la queue est un premier roman polyphonique coloré, qui nous embarque dans une Guadeloupe qui n’existe plus, à travers le destin d’une famille antillaise sur deux générations.

L’emploi d’une langue joyeuse, imagée, mêlée de créole rythme cette histoire, et nous fait vibrer avec des personnages solaires.

L’auteur nous dévoile une partie de son héritage familial par le récit de ses tantes et de son père, qui vont l’éclairer sur ses origines, sur les croyances et la culture créole dont une part d’elle a été privée. Une histoire qui porte sur les notions d’identité et de transmission. Estelle-Sarah Bulle parle aussi de l’exil en Métropole, de la promesse d’un avenir meilleur qui a laissé beaucoup de français « immigrés de l’intérieur » dans cet entre-deux-mondes.

Un beau voyage, touchant et plein d’énergie.

Mandana

Maman, Hélène Delforge et Quentin Gréban

Cet album retrace des portraits et des récits de mères d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui.  

Les textes poétiques et émouvants d’Héléne Delforge résonnent en nous, nous dévoilent ce que l’image ne montre pas, nous font entrer l’espace d’un instant dans l’intimité de ces femmes, ces mères, dont on se sent si loin et si proche à la fois.

Les illustrations de Quentin Gréban sont à couper le souffle, tellement réalistes, tellement prenantes, il s’en dégage quelque chose d’incroyable, on ressent au plus profond de soi ce que chaque mère porte dans son regard, sa posture. Il nous offre ici un travail remarquable, il a su poser avec tant de justesse son œil sur toutes ces mères, si fortes et si fragiles, si différentes et si semblables.

Cet album est profond, il nous touche forcément car on se retrouve un peu dans chacune de ces mamans, ces femmes qui ont le point commun d’être mères, de porter la vie, d’aimer inconditionnellement son enfant.

Cet album est bouleversant. Donne des frissons, des sanglots. Il est magnifique et touchant de réalisme, impossible d’y rester insensible.

Un livre à offrir, s’offrir, se faire offrir.

Anaïs

Le nez de Cyrano, Géraldine Maincent et Thomas Baas

« C’est un roc ! … c’est un pic… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … c’est une péninsule ! »

Géraldine Maincent, nous offre une belle occasion de faire découvrir aux plus petits le héros au grand nez d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac. Elle s’applique, en peu de mots, à réadapter la fameuse tirade du « nez » et à la retranscrire avec modernité et poésie.

Dans cet album, le fameux nez devient petit à petit, lui aussi, un personnage. Personnage encombrant, d’ailleurs, puisqu’à cause de lui, Cyrano n’ose s’adresser à sa bien-aimée, la belle Roxanne. Pourtant, tous viennent de loin pour l’écouter parler, ce grand orateur qui joue avec les mots. Il faudra un jeune homme grand et beau, mais bêta et sot, un dénommé Christian, pour que le héros parvienne enfin à se sentir aimé…

L’humour, bien entendu, est essentiel ici. On rit des situations cocasses, des rimes bien choisies.

Les illustrations de Thomas Baas sont percutantes. En noir et blanc, elles permettent de faire ressortir l’illustre nez, de couleur rouge, qui prend quasiment la pose au fil des pages, jouant même avec les personnages. Couleur rouge qui s’affiche aussi sur les visages, les chevelures, les oiseaux ou les feuilles des arbres, créant ainsi un singulier contraste.

 Et puis, l’on ne saurait adapter Cyrano sans y glisser un enseignement : à savoir que le vrai se cache à l’intérieur… et que l’on ne voit bien qu’avec le cœur !

Anaïs

Thème « Une île »

Alors le thème de l’île est un sujet prolixe en littérature! Nous avons eu le choix! En effet cet espace isolé au milieu de la mer est un microcosme propice a l’imaginaire, source et théâtre de nombreuses aventures.

  • Deux nouvelles personnes à se joindre au club de lecture ce mois-ci! Un peu de sang neuf est stimulant. Lecteurs, n’hésitez pas à venir assister à une soirée: un vendredi par mois, de 18h30 à 20h.

Certaines lectrices se sont essayées à la bande dessinée, et y ont trouvées leur bonheur dans des récits complets.
Notamment avec Ouessantines de Nicoby qui est léger, facile à lire et sympa. On reste cependant un peu trop en surface. Elle nous permet de voir à quel point il peut être difficile de s’intégrer parmi les îliens. 

Facteur pour femmes, Morice/ Quellat-Guyot, est le récit de la vie des femmes pendant la 1ère guerre mondiale sur une île bretonne. Un seul jeune homme ne sera pas mobilisé et deviendra le facteur de ces dames, ou plus encore… Une lecture distrayante, de beaux dessins avec des tons pastels. On passe un bon moment. Des même auteurs, L’île aux remords: il y est question de filiation, un fils revient vers son père après 25 ans d’absence. Récit un peu décousu mais qui nous apprend le passé pas très glorieux de nos bagnes. Pleins de sentiments, de remords et d’espoirs.

Coup d’Coeur de Jean-Pierre pour Tout seul, de Chabouté, une BD en noir & blanc, un découpage très cinématographique. Peu de mots, les images imposent une puissance au récit! Un homme né sur un phare,y vit seul, coupé de tous, et qui arrive a s’évader et combattre sa solitude tout en restant sur son rocher. Super 

Autres BD très belles de Lepage: Ar Men: l’histoire de la construction d’un phare et Voyage aux îles de la désolation, reportage dessiné qui nous emmène sur des terres australes au bout du monde. Rythmées par des escales, un voyage qui incite à la rêverie et nous entraîne dans l’atmosphère des ces îles désolées.

Côté romans:

L’île des oubliés, Hislop, en crête avant 1940, les lépreux sont parqués sur une île, là ils s’organisent en mini société. Cette histoire est basée sur des faits réels. Facile à lire.
Autre ouvrage basé sur un fait historique véridique: Les naufragés de l’île de Tromelin, Frain. Bien écrit, très bien documenté, accessible. En 1700, un bateau transportant clandestinement des esclaves fait naufrage sur un rocher perdu de l’océan indien. Blancs et Noirs devront cohabiter pour survivre jusqu’au départ, sur un bateau de fortune, de l’équipage, jurant de revenir chercher les esclaves…Un épisode sombre de l’histoire qui influença l’abolition de l’esclavage. A découvrir!
Une île bien tranquille, Dietrich: court roman plaisant, bonne intrigue, facile à lire. Une femme retourne sur l’île bretonne de Trevedic, à l’occasion du décès accidentel de son père, maire de l’île. Après une dizaine d’année loin des îliens, les gens ont changés…le doute, la suspicion, s’installe en elle… Vous avez dit tranquille?
De terre et de mer, Van Der Linden: sur l’île de Batz un homme passe 24hrs afin de comprendre pourquoi sa femme s’est détournée de lui. Un court roman qui s’attache à dépeindre les sensations et sentiments comme un tableau impressionniste. Une lecture agréable, mais légèrement ennuyeuse. 
L’embellie, Olafsdottir: une femme se retrouve a faire un road trip e, compagnie d’un enfant autiste. On part à la découverte de l’islande. Bon intérêt pour les paysages et la découverte de cette vie nocturne (seulement 3 heures de soleil par jour), autrement ennuyeux… ne laisse pas un grand souvenir.
Toujours en islande, de Stefansson D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds. Beau portrait âpre et sauvage de cette grande île, l’auteur entremêle trois époques et générations d’une famille, tout en parsemant le récit de réflexions tantôt réalistes, tantôt poétiques sur la beauté, l’amour, la mort et beaucoup d’autres. Une lecture pas toujours aisée.

L’archipel du chien, Claudel. Auteur contemporain, pas son meilleur mais à découvrir! Trois cadavres sont retrouvés échoués sur une île d’un archipel. Ces migrants décédés posent problèmes au maire… Court roman, perspicace, qui parle de la lâcheté de l’homme.

Roman policier:

Ne lâche pas ma main, Bussi, thriller sur l’île de la réunion, un peu caricatural sur le portrait des îliens, mais bien écrit, facile à lire, on a envie d’en savoir plus et la fin est surprenante!

Le classique et incontournable Dix petits nègres d’Agatha Christie! 10 meurtres en huis clos sur l’île du nègre… la clé de l’énigme est dévoilée à la toute fin! Une lecture prenante et sympathique facile à lire.

Shutter Island de Denis Lehane . Nous avons lu le roman, l’adaptation BD et vu le film: verdict le livre est vraiment le meilleur, suivi par le film.
Thriller un peu trash, bien raconté, qui nous fait douter tout du long.
Shutter island est une île aux USA où sont parqués des criminels et aliénés. Une femme à disparue, 2 policiers du continent débarquent pour mener l’enquête. Un classique contemporain!

L’île du chasseur d’oiseau de Peter May nous embarque en écosse. Un îlien devenu flic à Édimbourg est amené à enquêter sur le meurtre d’un ancien camarade de classe sur son île natale. Ce sera pour lui un déferlement de souvenirs, des questionnements personnels, des retrouvailles après 18 ans d’absence. Un policier pas trop noir, qui se lit bien. L’enquête est terminée à la fin, et si on en redemande encore sachez que c’est une trilogie, donc vous pouvez prolonger le plaisir.

Attention noir, très noir avec ce thriller: Sukkwand island de David Van. Une écriture alerte, vive et réactive. Deux parties distinctes du roman, la deuxième devient très sombre. A déconseiller aux personnes pessimistes. Sur une île en Alaska, un père et un fils partent pour une virée dans cette nature sauvage, là se déroulera un drame… Pas mal.

Bon alors franchement bof bof, voir mauvais, Pig Island de Mo Hayder, est un polar plat au début lent. Des personnages ennuyeux, une enquête pas passionnante et une fin décevante et abrupte. Bref si vous avez du temps à perdre…Oh mais d’ailleurs il ne risque pas de rester longtemps en stock… ça fait déjà bien trop d’années qu’il est sur nos étagères, autant faire de la place! Un journaliste va sur une île écossaise interviewer les « ministres de la cure hygiénique », une secte dont il a le gourou dans le collimateur depuis des années. Chose attendu, il se retrouve témoin d’un massacre… serait-ce l’oeuvre du diable aperçu sur l’île et filmé par un touriste?

Bonne lecture!

D’une petite mouche bleue, Mathias Friman


Tout commence avec une simple petite mouche bleue qui rassasiée d’une délicieuse crotte prend son envol, direction le vaste monde. Une grenouille qui ne fait qu’une bouchée de la petite mouche, et devient… toute bleue. Dans ce conte randonnée, signé Mathias Friman, on découvre la chaîne alimentaire dans tout ce qu’elle a de plus rude,et de plus drôle. Tout le monde y passe : petits et gros, insectes et mammifères : chacun devient bleu et finit par se faire manger.

Cet album d’apparence classique, aux illustrations réalistes ponctuées d’un bleu électrique, tire tout son charme de la chute finale. Tout fait sens à la dernière page, lorsque l’humain devenu bleu dépose derrière un arbre un caca bleu, et qu’une petite mouche vient s’y poser… L’effet comique est alors garanti, et on peut recommencer l’album indéfiniment !

Corinne


Le petit train de huit heures, Eric Battut


Le petit train de huit heures, Eric Battut

En route pour un voyage fabuleux sur terre et dans l’imaginaire ! Nous partons à bord d’un petit train curieux bien loin des chemins tout tracés. Nous parcourons librement la jungle, la ville, le désert et allons jusque sur le soleil grâce à un arc-en-ciel. Ce voyage est parsemé de rencontres fantastiques: le yeti dans la montagne, des fantômes sous un arbre millénaire, les Indiens  dans la plaine… Les images aux couleurs chaudes d’Éric Battut sont poétiques et chacune a ce petit détail (des bernard-l’hermite dans l’océan, un renard dans le désert) qui fait qu’on s’y attarde. Le texte s’amuse à faire un clin d’œil aux différents trains (train fantôme, petit train, train du grand huit, train express) ou aux expressions reprenant ce mot (plein d’entrain, fond de train,train-train quotidien, train d’atterrissage…) dans chaque double page.

Anaïs

My absolute darling de Gabriel TALLENT

Julia, jeune fille de 14 ans, est une ado sombre et sauvage.

Chez elle, elle est Turtle, c’est du moins comme ça que son père la surnomme.

Depuis que sa mère est morte, elle vit avec ce père, nihiliste, qui manipule autant les armes que ses proches.

Sa rencontre avec deux garçons du coin, va lui révéler un monde qu’elle ne connaît pas.

Fort, violent, sombre, ce roman remarquable est inoubliable.

La tribu qui pue, Magalie Le Huche, Elise Gravel

Tu connais la tribu-qui-pue? Un petit groupe d’enfants sales qui vivent dans des cabanes de branches avec leurs amis les animaux. Il y a Laurent, le grand garçon aux cheveux rouges et ses deux renards, Lucie avec des tresses et une couleuvre… Et il y a surtout cette toute petite fille, Fanette Ducoup, la chef qui a sauvé la tribu des griffes d’Yvonne Carré. Car s’ il y a bien quelqu’un qui ne supporte pas les enfants de la forêt, c’est Yvonne Carre!

Déterminée à nettoyer les insolents, la directrice de l’orphelinat a tenté par tous les moyens de attirer dans sa machine à laver. Une mission qu’elle aurait menée à bien si une toute petite fille n’était pas intervenue…

Thème ANIMAUX

En octobre notre thème était « les animaux ».

Nous avons lu et aimé:

-Quand sort la recluse, Vargas (Araignée) Bon polar, bien écrit avec des personnages attachants

-Les mémoires d’un chat, Arikawa (Chat) Les pensées et réflexions d’un chat, sur la relation avec les humains, Bien!

-Le vieux qui lisait des romans d’amour, Sepulveda (Jaguar) Un classique à ne pas manquer. Roman court

-Les tribulations d’un chercheur d’oiseaux, Dubois (Oiseaux) Un ornithologue à travers le monde, facile à lire, détaillé, amusant. L’aventure!

-50 animaux qui ont changé le cours de l’histoire, Chaline (Documentaire ) Intéressant! Surtout les abeilles selon Robert

-La femme du gardien de zoo, Ackerman  Le sort des animaux durant le seconde guerre mondiale, Bien

-Sur les ailes du monde, Audubon, Grolleau (Oiseaux) BD récit complet, destin véridique et tumultueux d’un naturaliste peintre au XIXs

-Chien-Loup, Joncour Une histoire sur 2 périodes, la place des animaux et de la sauvagerie des hommes dans la nature. Lecture aisée et addictive. COUP DE COEUR

-La ferme des animaux, Orwell, Un classique à ne pas manquer. Critique de la société.

Nous avons lu et trouvé pas mal:

-Jules, Van Cauwelaert (Chien) L’importance du rôle que va jouer un chien aveugle. Sympathique, léger.

-Le collier rouge, Rufin (Chien) Un homme incarcéré, séparé de son chien. Sur la relation bêtes/humains. Adapté en film

-Le règne animal, Del Amo (Cochon), Prix france inter 2017, l’histoire sur 1 siècle d’une exploitation porcine. Glauque, marquant, bien écrit.

-Un animal doué de raison, Merle (Dauphin), L’utilisation militaire des dauphins, difficile de rentrer dans le roman.

-Voir son steak comme un animal mort, Gibert, Essai sur le veganisme, facile à lire, intéressant, sur la moral et la philosophie du concept, explication du choix politique et économique de ce choix de vie.

-La cause des vaches, Laborde, Essai pamphlétaire qui célèbre la beauté des vaches, contre exploitation massive. Révoltant! prise de conscience massive souhaitée.