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Thème « Une île »

Alors le thème de l’île est un sujet prolixe en littérature! Nous avons eu le choix! En effet cet espace isolé au milieu de la mer est un microcosme propice a l’imaginaire, source et théâtre de nombreuses aventures.

  • Deux nouvelles personnes à se joindre au club de lecture ce mois-ci! Un peu de sang neuf est stimulant. Lecteurs, n’hésitez pas à venir assister à une soirée: un vendredi par mois, de 18h30 à 20h.

Certaines lectrices se sont essayées à la bande dessinée, et y ont trouvées leur bonheur dans des récits complets.
Notamment avec Ouessantines de Nicoby qui est léger, facile à lire et sympa. On reste cependant un peu trop en surface. Elle nous permet de voir à quel point il peut être difficile de s’intégrer parmi les îliens. 

Facteur pour femmes, Morice/ Quellat-Guyot, est le récit de la vie des femmes pendant la 1ère guerre mondiale sur une île bretonne. Un seul jeune homme ne sera pas mobilisé et deviendra le facteur de ces dames, ou plus encore… Une lecture distrayante, de beaux dessins avec des tons pastels. On passe un bon moment. Des même auteurs, L’île aux remords: il y est question de filiation, un fils revient vers son père après 25 ans d’absence. Récit un peu décousu mais qui nous apprend le passé pas très glorieux de nos bagnes. Pleins de sentiments, de remords et d’espoirs.

Coup d’Coeur de Jean-Pierre pour Tout seul, de Chabouté, une BD en noir & blanc, un découpage très cinématographique. Peu de mots, les images imposent une puissance au récit! Un homme né sur un phare,y vit seul, coupé de tous, et qui arrive a s’évader et combattre sa solitude tout en restant sur son rocher. Super 

Autres BD très belles de Lepage: Ar Men: l’histoire de la construction d’un phare et Voyage aux îles de la désolation, reportage dessiné qui nous emmène sur des terres australes au bout du monde. Rythmées par des escales, un voyage qui incite à la rêverie et nous entraîne dans l’atmosphère des ces îles désolées.

Côté romans:

L’île des oubliés, Hislop, en crête avant 1940, les lépreux sont parqués sur une île, là ils s’organisent en mini société. Cette histoire est basée sur des faits réels. Facile à lire.
Autre ouvrage basé sur un fait historique véridique: Les naufragés de l’île de Tromelin, Frain. Bien écrit, très bien documenté, accessible. En 1700, un bateau transportant clandestinement des esclaves fait naufrage sur un rocher perdu de l’océan indien. Blancs et Noirs devront cohabiter pour survivre jusqu’au départ, sur un bateau de fortune, de l’équipage, jurant de revenir chercher les esclaves…Un épisode sombre de l’histoire qui influença l’abolition de l’esclavage. A découvrir!
Une île bien tranquille, Dietrich: court roman plaisant, bonne intrigue, facile à lire. Une femme retourne sur l’île bretonne de Trevedic, à l’occasion du décès accidentel de son père, maire de l’île. Après une dizaine d’année loin des îliens, les gens ont changés…le doute, la suspicion, s’installe en elle… Vous avez dit tranquille?
De terre et de mer, Van Der Linden: sur l’île de Batz un homme passe 24hrs afin de comprendre pourquoi sa femme s’est détournée de lui. Un court roman qui s’attache à dépeindre les sensations et sentiments comme un tableau impressionniste. Une lecture agréable, mais légèrement ennuyeuse. 
L’embellie, Olafsdottir: une femme se retrouve a faire un road trip e, compagnie d’un enfant autiste. On part à la découverte de l’islande. Bon intérêt pour les paysages et la découverte de cette vie nocturne (seulement 3 heures de soleil par jour), autrement ennuyeux… ne laisse pas un grand souvenir.
Toujours en islande, de Stefansson D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds. Beau portrait âpre et sauvage de cette grande île, l’auteur entremêle trois époques et générations d’une famille, tout en parsemant le récit de réflexions tantôt réalistes, tantôt poétiques sur la beauté, l’amour, la mort et beaucoup d’autres. Une lecture pas toujours aisée.

L’archipel du chien, Claudel. Auteur contemporain, pas son meilleur mais à découvrir! Trois cadavres sont retrouvés échoués sur une île d’un archipel. Ces migrants décédés posent problèmes au maire… Court roman, perspicace, qui parle de la lâcheté de l’homme.

Roman policier:

Ne lâche pas ma main, Bussi, thriller sur l’île de la réunion, un peu caricatural sur le portrait des îliens, mais bien écrit, facile à lire, on a envie d’en savoir plus et la fin est surprenante!

Le classique et incontournable Dix petits nègres d’Agatha Christie! 10 meurtres en huis clos sur l’île du nègre… la clé de l’énigme est dévoilée à la toute fin! Une lecture prenante et sympathique facile à lire.

Shutter Island de Denis Lehane . Nous avons lu le roman, l’adaptation BD et vu le film: verdict le livre est vraiment le meilleur, suivi par le film.
Thriller un peu trash, bien raconté, qui nous fait douter tout du long.
Shutter island est une île aux USA où sont parqués des criminels et aliénés. Une femme à disparue, 2 policiers du continent débarquent pour mener l’enquête. Un classique contemporain!

L’île du chasseur d’oiseau de Peter May nous embarque en écosse. Un îlien devenu flic à Édimbourg est amené à enquêter sur le meurtre d’un ancien camarade de classe sur son île natale. Ce sera pour lui un déferlement de souvenirs, des questionnements personnels, des retrouvailles après 18 ans d’absence. Un policier pas trop noir, qui se lit bien. L’enquête est terminée à la fin, et si on en redemande encore sachez que c’est une trilogie, donc vous pouvez prolonger le plaisir.

Attention noir, très noir avec ce thriller: Sukkwand island de David Van. Une écriture alerte, vive et réactive. Deux parties distinctes du roman, la deuxième devient très sombre. A déconseiller aux personnes pessimistes. Sur une île en Alaska, un père et un fils partent pour une virée dans cette nature sauvage, là se déroulera un drame… Pas mal.

Bon alors franchement bof bof, voir mauvais, Pig Island de Mo Hayder, est un polar plat au début lent. Des personnages ennuyeux, une enquête pas passionnante et une fin décevante et abrupte. Bref si vous avez du temps à perdre…Oh mais d’ailleurs il ne risque pas de rester longtemps en stock… ça fait déjà bien trop d’années qu’il est sur nos étagères, autant faire de la place! Un journaliste va sur une île écossaise interviewer les « ministres de la cure hygiénique », une secte dont il a le gourou dans le collimateur depuis des années. Chose attendu, il se retrouve témoin d’un massacre… serait-ce l’oeuvre du diable aperçu sur l’île et filmé par un touriste?

Bonne lecture!

D’une petite mouche bleue, Mathias Friman

Tout commence avec une simple petite mouche bleue qui rassasiée d’une délicieuse crotte prend son envol, direction le vaste monde. Une grenouille qui ne fait qu’une bouchée de la petite mouche, et devient… toute bleue. Dans ce conte randonnée, signé Mathias Friman, on découvre la chaîne alimentaire dans tout ce qu’elle a de plus rude,et de plus drôle. Tout le monde y passe : petits et gros, insectes et mammifères : chacun devient bleu et finit par se faire manger.

Cet album d’apparence classique, aux illustrations réalistes ponctuées d’un bleu électrique, tire tout son charme de la chute finale. Tout fait sens à la dernière page, lorsque l’humain devenu bleu dépose derrière un arbre un caca bleu, et qu’une petite mouche vient s’y poser… L’effet comique est alors garanti, et on peut recommencer l’album indéfiniment !

Corinne



Le petit train de huit heures, Eric Battut

En route pour un voyage fabuleux sur terre et dans l’imaginaire ! Nous partons à bord d’un petit train curieux bien loin des chemins tout tracés. Nous parcourons librement la jungle, la ville, le désert et allons jusque sur le soleil grâce à un arc-en-ciel. Ce voyage est parsemé de rencontres fantastiques: le yeti dans la montagne, des fantômes sous un arbre millénaire, les Indiens  dans la plaine… Les images aux couleurs chaudes d’Éric Battut sont poétiques et chacune a ce petit détail (des bernard-l’hermite dans l’océan, un renard dans le désert) qui fait qu’on s’y attarde. Le texte s’amuse à faire un clin d’œil aux différents trains (train fantôme, petit train, train du grand huit, train express) ou aux expressions reprenant ce mot (plein d’entrain, fond de train,train-train quotidien, train d’atterrissage…) dans chaque double page.

Anaïs

My absolute darling de Gabriel TALLENT

Julia, jeune fille de 14 ans, est une ado sombre et sauvage.

Chez elle, elle est Turtle, c’est du moins comme ça que son père la surnomme.

Depuis que sa mère est morte, elle vit avec ce père, nihiliste, qui manipule autant les armes que ses proches.

Sa rencontre avec deux garçons du coin, va lui révéler un monde qu’elle ne connaît pas.

Fort, violent, sombre, ce roman remarquable est inoubliable.

La tribu qui pue, Magalie Le Huche, Elise Gravel

Tu connais la tribu-qui-pue? Un petit groupe d’enfants sales qui vivent dans des cabanes de branches avec leurs amis les animaux. Il y a Laurent, le grand garçon aux cheveux rouges et ses deux renards, Lucie avec des tresses et une couleuvre… Et il y a surtout cette toute petite fille, Fanette Ducoup, la chef qui a sauvé la tribu des griffes d’Yvonne Carré. Car s’ il y a bien quelqu’un qui ne supporte pas les enfants de la forêt, c’est Yvonne Carre!

Déterminée à nettoyer les insolents, la directrice de l’orphelinat a tenté par tous les moyens de attirer dans sa machine à laver. Une mission qu’elle aurait menée à bien si une toute petite fille n’était pas intervenue…

Thème ANIMAUX

En octobre notre thème était « les animaux ».

Nous avons lu et aimé:

-Quand sort la recluse, Vargas (Araignée) Bon polar, bien écrit avec des personnages attachants

-Les mémoires d’un chat, Arikawa (Chat) Les pensées et réflexions d’un chat, sur la relation avec les humains, Bien!

-Le vieux qui lisait des romans d’amour, Sepulveda (Jaguar) Un classique à ne pas manquer. Roman court

-Les tribulations d’un chercheur d’oiseaux, Dubois (Oiseaux) Un ornithologue à travers le monde, facile à lire, détaillé, amusant. L’aventure!

-50 animaux qui ont changé le cours de l’histoire, Chaline (Documentaire ) Intéressant! Surtout les abeilles selon Robert

-La femme du gardien de zoo, Ackerman  Le sort des animaux durant le seconde guerre mondiale, Bien

-Sur les ailes du monde, Audubon, Grolleau (Oiseaux) BD récit complet, destin véridique et tumultueux d’un naturaliste peintre au XIXs

-Chien-Loup, Joncour Une histoire sur 2 périodes, la place des animaux et de la sauvagerie des hommes dans la nature. Lecture aisée et addictive. COUP DE COEUR

-La ferme des animaux, Orwell, Un classique à ne pas manquer. Critique de la société.

Nous avons lu et trouvé pas mal:

-Jules, Van Cauwelaert (Chien) L’importance du rôle que va jouer un chien aveugle. Sympathique, léger.

-Le collier rouge, Rufin (Chien) Un homme incarcéré, séparé de son chien. Sur la relation bêtes/humains. Adapté en film

-Le règne animal, Del Amo (Cochon), Prix france inter 2017, l’histoire sur 1 siècle d’une exploitation porcine. Glauque, marquant, bien écrit.

-Un animal doué de raison, Merle (Dauphin), L’utilisation militaire des dauphins, difficile de rentrer dans le roman.

-Voir son steak comme un animal mort, Gibert, Essai sur le veganisme, facile à lire, intéressant, sur la moral et la philosophie du concept, explication du choix politique et économique de ce choix de vie.

-La cause des vaches, Laborde, Essai pamphlétaire qui célèbre la beauté des vaches, contre exploitation massive. Révoltant! prise de conscience massive souhaitée.

 

Rentrée littéraire

Le Club de lecture s’est partagé une quarantaine de nouveautés en cette rentrée foisonnante, afin de nous permettre de choisir quels livres allaient rejoindre nos étagères. Nous avons aussi profité de l’expertise de la librairie Le Failler, fin septembre, lors d’une présentation par ses libraires du secteur littérature. Voici donc une petite liste des romans que vous pourrez trouver dans votre médiathèque préférée:

Concours pour le paradis, Renucci

Un monde à portée de main, Kerangal

Frère d’âme, Diop

Isidore et les autres, Bordas

Là où les chiens aboient par la queue, Bulle

La révolte, Dupont-Monod

La rouille, Richer

Le paradoxe d’Anderson, Manoukian

Le train d’Erlingen, Sansal

Les cigognes sont immortelles, Mabanckou

Les enfants après eux, Mathieu

Roissy, Tavernier

Tenir jusqu’à l’aube, Fives

Trois fois la fin du monde, Divry

Chien-loup, Joncour

Le roi chocolat, Montoriol

K.O., Mathias

Les prénoms épicènes, Nothomb

Un fils obéissant, Seksik

Khalil, Khadra

Helena, Fel

Carnaval noir, Arditi

Reviens, Benchetrit

Rien d’autre sur terre, O’Callaghan

Balles perdues, Clement

Les fureurs invisibles du cœur, Boyne

Percutant

K.O. est un voyage au bout de la nuit.

C’est l’histoire d’une fuite. Celle d’un homme face à la maladie, et à la mort qui rôde.

Avec un phrasé rageur, incisif, c’est un texte qui mériterait d’être lu à voix haute pour en apprécier le rythme. Ce court premier roman extériorise la colère de l’auteur slameur, qui déclame son désenchantement dans un langage direct et sans concessions.

Un roman dont l’ambiance laisse le lecteur K.O.

Digne de Grand Corps Malade.

Mandana

Coup de coeur! Je l’ai lu deux fois! Germaine

Tirez sur le pianiste

Drame, film noir – de François Truffaut (1960, France)

Hommage à Charles Aznavour le comédien, avec ce deuxième long métrage de François Truffaut, une parodie de série noire américaine et une bouleversante histoire d’amour et de mort.

Résumé : Charlie Kohler, pianiste dans un petit bar, commence à avoir des ennuis lorsque deux gangsters s’en prennent à son frère qui se réfugie sur son lieu de travail. Dans le même temps, Léna, la serveuse est amoureuse de Charlie alors que ce dernier cache un sombre passé auquel la jeune femme va tenter de le soustraire.

 

 

Matthieu

Bioéthique

The only ones, Carola Dibbell

Dans un futur proche ravagé par des pandémies de toutes sortes, Moïra est une vivace doll, immunisée contre toutes les infections possibles, bactériennes ou virales qui ravagent les populations du Monde.

Moira est précieuse. Avec l’aide d’un fermier généticien, elle donne naissance à un clone: Ani. Elle va devoir élever cet enfant dans un environnement hostile, et la protéger.

Le récit peut décontenancer, car c’est un monologue écrit dans un style primaire: celui de Moïra. C’est un langage bourré de fautes grammaticales qui souligne l’inculture de la narratrice et reflète sa compréhension du monde. Par son prisme nous découvrons alors un univers riche et original, en résonance avec notre époque.

C’est un roman d’anticipation, qui révèle au fil des pages une réflexion sur la parentalité et l’amour maternel.

Cette dystopie rappelle l’univers de « la servante écarlate » de Margaret Atwood.

Mandana