Archives de catégorie : Coups2Coeur

Bergères guerrières

L’ aventure, ce n’ est pas que pour les garçons!

Voilà maintenant dix ans que les hommes du village sont partis, mobilisés de force pour la Grande Guerre. Dix ans qu’ils ont laissé femmes, enfants et anciens pour un conflit loin de chez eux…

La jeune Molly est heureuse car elle peut enfin commencer l’entrainement pour tenter d’entrer dans l’ordre prestigieux des Bergères guerrières : un groupe de femmes choisies parmi les plus braves, pour protéger les troupeaux mais aussi le village !

Pour faire face aux nombreuses épreuves qui l’attendent, Molly pourra compter, en plus de son courage, sur Barbe Noire, son bouc de combat, mais également sur l’amitié de Liam le petit paysan qui rêve aussi de devenir Bergère guerrière – même si ce n’est réservé qu’aux filles…

Entre Dragons et Rebelle, Bergères guerrières raconte l’odyssée d’une jeune héroïne qui va vivre de grandes aventures dans un univers médiéval-fantastique inspiré des légendes celtiques. Une histoire attachante, tout public, qui fait la part belle aux liens familiaux et communautaires, portée par un graphisme chaleureux et un scénario riche en humour et en rebondissements.

A relire avec plaisir

Hommage à un grand auteur

El Idilio , petit village aux portes de la forêt amazonienne est un enfer vert peuplé de chercheurs d’or, d’aventuriers de tout poil en quête d’un Eldorado imaginaire, d’Indiens Jivaros rejetés par leur peuple. La découverte par les Indiens Shuars d’un cadavre d’homme blond atrocement mutilé met tout ce beau monde sur le qui-vive.

Antonio José Bolivar ,vieil homme aguerri aux mystères de la forêt et grand lecteur de romans sentimentaux se voit bientôt contraint de se lancer dans une chasse de tous les dangers afin de trouver le coupable...   
Le vieux qui lisait des romans d'amour est court roman au titre trompeur, faussement naïf, où Luis Sepúlveda dénonce les effets négatifs de la colonisation, de la déforestation et de la politique bananière avec une écriture proche du conte.

Dérangeant

Un virus infecte les animaux de la Terre, rendant leur viande non consommable.
L’Homme décime la faune afin de se protéger. Pour pallier à la pénurie de viande, des scientifiques ont créé une nouvelle race, à partir de génomes humains, qui servira de bétail pour la consommation.

Voici le prétexte tout trouvé pour légitimer le cannibalisme et endiguer la surpopulation.

Cette nouvelle société et son organisation est détaillée à travers le prisme d’un homme travaillant dans un des abattoirs de cette viande « spéciale ».
Le descriptif minutieux du développement industriel de chair humaine est absolument écœurant. Âmes sensibles passez votre tour.
Pourtant ce n’est que le triste reflet du traitement réservé aux animaux de nos jours… de quoi donner envie de devenir végétarien !
Cela ne m’a pas empêché de savourer ce roman car il développe un propos intéressant : la critique de la société de consommation, mais aussi la manipulation de masses (le peuple prêt à croire un discours officiel sans se poser plus de questions que ça…). Couplé à une montée en tension allant crescendo…et fin très bien amenée…un mélange délectable.

Cadavre Exquis est un premier roman audacieux. Agustina Bazterrica est une auteure argentine à suivre… Elle réussit à instaurer le malaise en alternant horreur et empathie dans une dystopie très actuelle.

«  La viande spéciale vendue en boucherie étant pratiquement inaccessible, s’est développé un marché noir où l’on peut en acheter de la moins chère ; moins chère, parce qu’elle échappe aux contrôles et aux vaccins, et parce que c’est de la viande facile ; de la viande avec un nom et un prénom. C’est ainsi qu’on appelle la viande illégale, celle qui est chassée puis transformée après le couvre-feu. « 

Mandana

Grenouilles, Owen Davey

Saviez-vous que la grenouille Goliath pèse près de 3 kilos ? Et que l’on trouve des grenouilles sur tous les continents, excepté l’Antarctique ? Et qu’il y a des grenouilles vénéneuses et d’autres capables de se camoufler tels des caméléons ?

Dans ce documentaire, Owen Davaey nous présente pas moins de 70 espèces de grenouilles sur quelques 7 000 recensées dans le monde !

Ce qui est appréciable ici c’est l’importance et la place accordées par l’auteur à l’observation scientifique et naturelle. Ainsi il aborde toutes les caractéristiques physiques, zoom sur ses tâches et ses pupilles à l’appui, et le cycle de vie des ces amphibiens inventifs dotés d’un caractère imprévisible.

Le graphisme épuré et réaliste d’Owen Davey fait la part belle aux textures, aux couleurs et aux détails.

L’équilibre trouvé entre le contenu informatif avec des textes simples et interactifs et le contenu visuel avec des coupes, des schémas et des encadrés, fait de ce documentaire un livre d’une grande qualité !

À partager sans modération en famille !

Anaïs

MALEVIL (film de 1981, Christian de Chalonge)

En ces temps de confinement général pourquoi ne pas enfoncer le clou en regardant un film post-apocalyptique français assez méconnu sorti 1981 ? L’occasion de retrouver Serreault, Dutronc, Trintignant et Villeret dans une adaptation du roman de Robert Merle.

Quelques humains survivent à une explosion nucléaire. Peu à peu, sous la direction d’Emmanuel, ils réapprennent à vivre dans la solidarité et l’amitié. Non loin de là, Fulbert impose sa loi à un autre groupe de survivants.

Matthieu

KINGS LEFT BEHIND – Ikebe Shakedown

Ikebe Shakedown est un groupe de sept musiciens, cordes, cuivres, batterie. Ensemble, ils fabriquent une soul majestueuse, une soul instrumentale mettant en avant chaque membre. Depuis 2009 le groupe de Brooklyn repousse les limites de la musique instrumentale. Chacun de leurs morceaux et de leurs lives va plus loin dans leur combinaison gagnante de soul des années 70, de psychédélique brut et de bande-son de western, avec des rythmes auxquels il est impossible de résister et des mélodies puissantes. Avec Kings left behind, le groupe offre plus de mystère et de grandeur que jamais grâce à leurs guitares rêveuses et à leurs arrangements de cuivres et de cordes.

Matthieu

Comment trouver un éléphant- Kate Banks et Boris Kulikov

« Le meilleur moment pour partir à la recherche d’un éléphant, c’est par un temps gris et maussade, quand tu t’ennuies un peu. Le meilleur endroit pour le trouver, c’est dans la nature sauvage. Glisse quelques provisions dans ton sac et prends tes jumelles ! Sois attentif aux empreintes sur le sol, mais ne t’attends pas à le repérer au bruit de ses pas : les éléphants marchent sur la pointe des pieds…  »

Voici une invitation à l’aventure !

Dans cet album génial, décalé et d’une grande originalité, un éléphant s’est glissé dans chaque page ou chaque décor. A nous, lecteurs de le retrouver dans les magnifiques paysages, où il est caché avec subtilité et efficacité.

Grâce aux illustrations de Boris Kulikov on se retrouve propulsé au cœur de la nature sauvage. Les dessins sont riches et denses de détails, de textures et l’ambiance est brillamment réussie, rehaussée d’illusions d’optique astucieusement positionnées.

La lecture a un goût d’aventure mais surtout de jeu de cherche et trouve qui va ravir les petits et les grands. À savourer en famille !

Anaïs

Le dernier été de Grace Slick

Le récit haut en couleur (psychédélique, la couleur) mais non sans une once de noirceur de la femme qui fut peut-être, malgré elle, l’incarnation de l’apogée puis de la fin de l’ère hippie.

De l’enfant lunatique rêvant de poursuive un lapin blanc à la succube provocatrice par addictions, le livre, très documenté, colle à la peau de cette égérie contre-culturelle. Une biographie essentielle.

Stéphane Koechlin

Dépaysement assuré

Un roman magnétique hors du temps

De pierre et d’os conte le voyage initiatique d’une jeune inuit, Uqsuralik, séparée de sa famille par une faille dans la banquise qui emporte les siens, et la laisse livrée à elle-même dans l’immensité polaire… Survivre dans ce milieu extrême, chasser la faim, le froid… sa vie sera un combat contre les éléments, en compagnie des esprits.
Un conte fascinant, une écriture sensible et poétique.

A la fois roman d’aventure et récit d’apprentissage, nous explorons l’arctique en compagnie de cette jeune femme forte, au travers de traditions ancestrales, et de chamanisme.

Bérangère Cournut s’est livrée à un immense travail documentaire. Le roman est empli de détails ethnologiques et culturels sur ce peuple nomade de chasseurs-pêcheurs, qui vit en harmonie avec son environnement. Le lien de l’homme avec la nature et les animaux est très fort, puissant et authentique.

Un beau coup d’cœur ! Mandana

« CHANT DU PÈRE
Aya aya !
La nuit est tombée
Nous avons marché
La banquise s’est brisée

Aya aya !
J’avais une fille
L’eau a ouvert sa bouche
Pour me l’enlever

Elle est seule
Avec une dent d’ours
Et quelques chiens
Je n’entends plus ses pas
Je ne vois pas son chemin […] »

« Je crains aussi de chasser sur la toundra, car toutes les armes que je possède –ma lance, mon couteau, mon harpon- ont servi récemment à tuer des animaux marins. Si je touche un animal terrestre avec ça, je vais mettre son esprit en colère. Je préfère encore mourir de faim… »

« Lorsque j’atteins l’île, le noir est complet autour de moi. Le bruit plus sourd de la glace sous mes pas m’indique que je suis enfin sur la terre ferme. Je me repose quelques instants dans ma peau d’ours. Et me dis que c’est la dernière fois : soit je trouve un abri pour le prochain repos, soit je meurs de froid ici, sur ce rivage. »