Archives de catégorie : Coups2Coeur

DESIORIENTALE – NEGAR DJAVADI

Et si vous lisiez avec les oreilles ?

Texte intégral lu par Lila Tamazit suivi d’un entretien avec l’auteure.

Si nous étions en Iran, cette salle d’attente d’hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s’enchaineraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade.

Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture et sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l’étourdissant diaporama de l’histoire des Sadr sur trois générations : les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l’adolescence, l’ivresse du rock, le sourire voyou d’une bassiste blonde…

Une fresque flamboyante sur la mémoire et l’identité ; un grand roman sur l’Iran d’hier et la France d’aujourd’hui.

Prix du style, Folies d’encre, Prix l’Autre monde en 2016

Un livre audio MP3, durée 11h03 découpé en 40 plages

Corinne

L’ODYSSEE – Fred Pallem & Le Sacre du Tympan

Depuis 20 ans, Le Sacre mêle sans gêne musique populaire et musique savante. Ils ne respectent rien à moins qu’ils respectent tout. Ils ont tordu la folk intimiste de Neil Young, transfiguré la soul Blaxploitation, transcendé l’œuvre électro-pop de François de Roubaix et réinventé les B.O. des génériques de dessins animés cultes.
Pour L’Odyssée, son nouvel album, le Sacre du Tympan a fait appel pour la première fois à un quatuor à cordes. Avec eux pour accompagner la section rythmique et les cuivres, le big band propose la bande son d’un film imaginaire à l’énergie funk rock s’inspirant avec génie des BO des années 60-70.

Matthieu

HEUREUX COMME LAZZARO


Drame – Réalisé par Alice Rohrwacher – 2018 (Italie – France – Allemagne) – durée 2h10 – avec Adriano Tardiolo, Agnese Graziani, Luca Chikovani

Résumé : Lazzaro, un jeune paysan d’une bonté exceptionnelle vit à l’Inviolata, un hameau resté à l’écart du monde sur lequel règne la marquise Alfonsina de Luna. La vie des paysans est inchangée depuis toujours, ils sont exploités, et à leur tour, ils abusent de la bonté de Lazzaro. Un été, il se lie d’amitié avec Tancredi, le fils de la marquise. Une amitié si précieuse qu’elle lui fera traverser le temps et mènera Lazzaro au monde moderne.

 » Une fable sur l’injustice aux accents pasoliniens  » Télérama


« …un conte mystique, entretenant un commerce habile et ensorcelant entre deux aspirations d’apparence contraire : d’une part son réalisme à vocation do­cumentaire, proche de la nature et de ses cycles, de l’autre sa fiction libre et parfois irrationnelle, capable de décoller du monde tangible, de déroger à ses lois. A tel point que matière et miracle en viennent à dialoguer secrètement, dans une mise en scène évitant les pièges d’un spiritualisme en toc ou d’une piété béate. » Le Monde

Matthieu

Tolérance

« Les bracassées » est un néologisme employé dans le livre pour désigner cette bande de « bras cassés »
désignés socialement inadaptés par le regard d’autrui.
Ces personnages cabossés, parfois déjantés, émouvants et drôles, vont nous entraîner dans une série d’aventures, à première vue cocasses… .

Un roman optimiste, sur l’acceptation de soi et du vivre ensemble dans la différence.
Amateurs de morosité s’abstenir!
Corinne

L’amour qui sauve

RENCONTRE au Forum du LIVRE avec Hyam Zaytoun, le samedi 27 avril 2019 à partir de 11h pour son livre « Vigile » aux éditions Le Tripode.

Le récit d’un combat pour la vie, le témoignage d’un amour intense, une belle écriture, sans pathos pour un sujet fort et bouleversant: la nuit l’homme qu’elle aime est victime d’un arrêt cardiaque.
L’auteure nous livre ses sentiments et nous touche dans ce premier roman, elle nous dit l’intime, l’urgence, la peur, à travers cette expérience douloureuse. Sa force et son courage nous porte tout du long.
Elle est la VIGILE, celle qui veille.
Un récit concis qui reste en mémoire longtemps après l’avoir refermé.

Mandana et Corinne

 

Club lecture ados

Logo du club représentant une flèche perçant un livre

Ouverte à tous, la guilde des lecteurs (nom choisi par les ados) propose d’échanger dans une ambiance conviviale autour d’un thème sur différents supports : Roman, album, BD, revue…

La sélection est disponible à l’accueil. Nous nous retrouvons un vendredi par mois de 17h à 18h.

Cette année, le club de lecture est enrichi par la création de podcasts audio où les ados peuvent présenter leurs goûts culturels ou partager leurs coups de cœur.

Vous pouvez retrouver ces pastilles sonores sur le Soundcloud de la médiathèque.

Rebrousser chemin

Remonter le temps, voguer entre passé et présent pour mieux comprendre.

Là où les chiens aboient par la queue est un premier roman polyphonique coloré, qui nous embarque dans une Guadeloupe qui n’existe plus, à travers le destin d’une famille antillaise sur deux générations.

L’emploi d’une langue joyeuse, imagée, mêlée de créole rythme cette histoire, et nous fait vibrer avec des personnages solaires.

L’auteur nous dévoile une partie de son héritage familial par le récit de ses tantes et de son père, qui vont l’éclairer sur ses origines, sur les croyances et la culture créole dont une part d’elle a été privée. Une histoire porte sur les notions d’identité et de transmission. Estelle-Sarah Bulle parle aussi de l’exil en Métropole, de la promesse d’un avenir meilleur qui a laissé beaucoup de français « immigrés de l’intérieur » dans cet entre-deux-mondes.

Un beau voyage, touchant et plein d’énergie.

Mandana

Maman, Hélène Delforge et Quentin Gréban

Cet album retrace des portraits et des récits de mères d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui.  

Les textes poétiques et émouvants d’Héléne Delforge résonnent en nous, nous dévoilent ce que l’image ne montre pas, nous font entrer l’espace d’un instant dans l’intimité de ces femmes, ces mères, dont on se sent si loin et si proche à la fois.

Les illustrations de Quentin Gréban sont à couper le souffle, tellement réalistes, tellement prenantes, il s’en dégage quelque chose d’incroyable, on ressent au plus profond de soi ce que chaque mère porte dans son regard, sa posture. Il nous offre ici un travail remarquable, il a su poser avec tant de justesse son œil sur toutes ces mères, si fortes et si fragiles, si différentes et si semblables.

Cet album est profond, il nous touche forcément car on se retrouve un peu dans chacune de ces mamans, ces femmes qui ont le point commun d’être mères, de porter la vie, d’aimer inconditionnellement son enfant.

Cet album est bouleversant. Donne des frissons, des sanglots. Il est magnifique et touchant de réalisme, impossible d’y rester insensible.

Un livre à offrir, s’offrir, se faire offrir.

Anaïs

Le nez de Cyrano, Géraldine Maincent et Thomas Baas

« C’est un roc ! … c’est un pic… c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? … c’est une péninsule ! »

Géraldine Maincent, nous offre une belle occasion de faire découvrir aux plus petits le héros au grand nez d’Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac. Elle s’applique, en peu de mots, à réadapter la fameuse tirade du « nez » et à la retranscrire avec modernité et poésie.

Dans cet album, le fameux nez devient petit à petit, lui aussi, un personnage. Personnage encombrant, d’ailleurs, puisqu’à cause de lui, Cyrano n’ose s’adresser à sa bien-aimée, la belle Roxanne. Pourtant, tous viennent de loin pour l’écouter parler, ce grand orateur qui joue avec les mots. Il faudra un jeune homme grand et beau, mais bêta et sot, un dénommé Christian, pour que le héros parvienne enfin à se sentir aimé…

L’humour, bien entendu, est essentiel ici. On rit des situations cocasses, des rimes bien choisies.

Les illustrations de Thomas Baas sont percutantes. En noir et blanc, elles permettent de faire ressortir l’illustre nez, de couleur rouge, qui prend quasiment la pose au fil des pages, jouant même avec les personnages. Couleur rouge qui s’affiche aussi sur les visages, les chevelures, les oiseaux ou les feuilles des arbres, créant ainsi un singulier contraste.

 Et puis, l’on ne saurait adapter Cyrano sans y glisser un enseignement : à savoir que le vrai se cache à l’intérieur… et que l’on ne voit bien qu’avec le cœur !

Anaïs